Une plateforme web pour chercher un emploi… et contrôler les chômeurs?

Trois régions vont tester au cours de l’année un site internet sur lequel les demandeurs d’emploi tiendront un «journal de bord». La mise en place de ce nouveau dispositif n’aurait aucun lien avec la politique de durcissement récente promulguées par des sanctions envers les fraudeurs. De leur côtés, les syndicats dénoncent une chasse aux allocataires.

Une recherche d’emploi insuffisante est valable pour 8% des demandeurs d’emploi indemnisables. De ce fait, environ 250 000 bénéficiaires abandonneraient leur recherche et auraient mis de côté les candidatures, entretiens ou même les formations. Ce qui représente bon nombre d’allocations perdues, contre lesquels l’État essaye de s’opposer, tant bien que mal, le contrôle des chômeurs dans notre pays étant moins sévère que chez nos voisins. Les 215 agents de contrôles de Pôle Emploi doivent néanmoins voir leurs effectifs passer à 600 d’ici 2020. Mais la mise en place d’un nouvel outil pourrait également les aider dans leur lutte contre les abus : une plateforme numérique ou «journal de bord». D’ici juin, trois régions vont tester ce dispositif au cours des 18 mois suivants.

Plateforme de dialogue, ou outil de flicage ?

Quelle sera la forme de ce dispositif numérique? A ce jour, les paramétrages sont en cours, mais le site apparaîtra comme un véritable journal de bord, accessible directement depuis l’espace privé de l’utilisateur. Ce dernier y notera ses recherches, et pourra éventuellement en discuter directement avec la personne en charge de son dossier.

Malgré cette annonce, Pôle Emploi se veut rassurant: «ce dispositif n’a pas pour but d’accentuer le contrôle et les sanctions envers les demandeurs d’emploi, mais au contraire les aider à catalyser l’efficacité de leur recherche d’emploi».

Ainsi, aucune utilité pour identifier les chômeurs trop peu actifs ? Nous en sommes pas certains: le journal de bord servira également à adopter une logique de prévention, en anticipant les décrochages des demandeurs concernés, et à ainsi adapter leur suivi. Même si Pole Emploi préfère sans doute ne pas avoir à faire face à un mauvais accueil de cet outil, un meilleur contrôle des chômeurs est bien au centre des discussions.